L’Assemblée générale de la coopérative GIC TerrEspoir Cameroun s’est tenue le lundi 16 mars à Douala.
Ce rendez-vous annuel a rassemblé producteurs-trices autour d’un moment d’échange, pour faire le point sur l’année écoulée et envisager la suite.
La coordinatrice de la Fondation TerrEspoir en Suisse était également présente, offrant une belle occasion de dialoguer sur les défis actuels et les perspectives à venir.
Fidèle à la tradition, la rencontre s’est ouverte dans une ambiance chaleureuse, rythmée par des chants, des applaudissements et des mots de bienvenue.
Sous la conduite bienveillante du président du comité, Martin Tadah, les quatre groupes régionaux ont tour à tour présenté leur rapport d'activité et partagé leurs expériences.
Tous ont évoqué les effets du dérèglement climatique sur leurs cultures : saisons et récoltes perturbées, pluies irrégulières, attaque de nuisibles.
Dans ce contexte, les formations en agroforesterie proposées par la coopérative prennent tout leur sens.
Elles offrent des pistes concrètes d’adaptation, comme l’association de cultures – par exemple planter des piments au pied des papayers pour repousser les insectes nuisibles – ou encore la diversification avec des cultures vivrières telles que le manioc, le macabo ou les safoutiers.
La situation financière de la coopérative du GIC reste toutefois fragile compte tenu de la baisse des volumes commandés. La coopérative se finance en grande partie via une contribution calculée sur le poids des expéditions et versée par la Fondation TerrEspoir.
Et bien que ce montant soit régulièrement ajusté, la baisse des volumes affecte fortement le résultat final. Pour éviter toute rupture de paiement aux producteurs et productrices, la Fondation a, une nouvelle fois, apporté un soutien financier en 2025, comme elle l’avait déjà fait l’année précédente.
Un geste essentiel, accueilli avec soulagement, même si la fragilité économique demeure une préoccupation tant pour le GIC Cameroun que pour la Fondation TerrEspoir en Suisse.
Les membres ont chaleureusement remercié la Fondation pour l’augmentation des prix d’achats courant 2025. Ainsi, ils peuvent faire face aux nouvelles contraintes structurelles d’inflation, notamment le prix de l’essence qui, en mars 2026, se vendait à CHF 1.20 le litre dans les rues de Douala !
Dans le respect des principes du commerce équitable qui anime la Fondation depuis plus de trente ans, le prix d'achat de nombreux produits a été vu à la hausse, parmi lesquels les bananes, les avocats, les fruits de la passion ou encore les mangues et les bananes séchées. Plusieurs autres produits sont en cours d'évaluation.
Ces hausses permettent aux cultivateurs-trices de couvrir leurs frais de production tout en maintenant un salaire juste.
A ce jour, la Fondation n’a pas répercuté ces ajustements sur les prix de vente en Suisse.
Un moment particulièrement émouvant a marqué l’assemblée avec la remise officielle de la cagnotte constituée en soutien aux producteurs-trices lors des émeutes de novembre, qui avaient paralysé les expéditions.
Les 1’160 CHF récoltés ont été répartis équitablement entre tous les producteurs-trices, dans une atmosphère empreinte de gratitude, ponctuée de chants et de remerciements adressés aux donatrices et donateurs suisses.
La Fondation TerrEspoir remercie à nouveau les contributeurs-trices qui soutiennent les activités via des dons ou des arrondis de facture lors des achats, chaque franc est d’une grande aide et contribue activement au maintien des activités.
L’assemblée a également accueilli chaleureusement un nouveau membre, Dylan, jeune producteur de fruits de la passion. Après plusieurs années sans aucune livraison de fruit de la passion pour cause de changement climatique drastique dans les zones de production, l’assortiment de TerrEspoir retrouve enfin ces petits fruits tant appréciés. Il y a deux périodes de production, la pleine saison de juin à septembre puis une seconde vague de mi-décembre à fin mars environs.
Du côté des mangues, les producteurs-trices poursuivent leurs efforts pour répondre aux exigences phytosanitaires rigoureuses de l’Union européenne. En plus des contraintes phytosanitaires, chaque livraison est un défi logistique pour faire face aux barrages policiers et aux tensions politiques de la région. Les producteurs-trices ont besoin de volume pour rentabiliser leurs déplacements et, compte tenu de la courte saison, ils encouragent les client-es Suisses à les soutenir via des commandes plus importantes. Saviez-vous qu'une fois mûre, la mangue se conserve bien au frigo !
Enfin, la rencontre s’est conclue sur une note d’enthousiasme avec l’annonce des 30 ans de la Fondation TerrEspoir. La venue en Suisse, en octobre, de la coordinatrice Blanche Djou et de la productrice d’ananas Élise Cheffin a été chaleureusement acclamée.
Une perspective porteuse d’espoir, qui pourrait contribuer à renforcer les liens et à dynamiser les ventes en Suisse.