Depuis 2021, Colbert Sangnie est chargé du suivi des productrices et producteurs, ainsi que des certifications en agriculture biologique et commerce équitable.
Avant de rejoindre TerrEspoir, il accompagnait déjà des organisations de producteurs au Cameroun, au Mali, au Rwanda et en Ouganda dans leurs démarches de certifications.
Son travail se fait d’abord sur le terrain : « Mon rôle, c’est le suivi des producteurs », résume-t-il.
Il se rend dans les exploitations pour vérifier les bonnes pratiques agricoles : entretien des parcelles, prévention des maladies, lutte contre les ravageurs, traçabilité, etc.
En agriculture biologique, « on met plus l’accent sur la prévention ». En cas d’attaque, il faut donc chercher des moyens mécaniques ou naturels, sans recourir aux produits chimiques.
Ce suivi concerne aussi la certification équitable: absence de travail des enfants, respect des conditions de travail, fourniture d’équipements de protection pour les salarié-es...
Colbert insiste aussi sur l’accompagnement, il ne s’agit pas seulement de contrôler, mais surtout de conseiller : taille des arbres, association des cultures, protection des parcelles ou adaptation des pratiques.
Lors de sa visite en Suisse, Colbert a découvert l’autre bout de la chaîne.
Il a vu ce qui se passe à l’arrivée des fruits : le tri, le conditionnement et les expéditions, les marchés, les magasins, l’équipe et les bénévoles !
« On comprend que le long de la chaîne, il y a vraiment des gens qui travaillent et s’investissent» dit-il.
Il a aussi observé le regard de la clientèle suisse, très (trop ?) attentive à l’apparence des fruits.
En «visite» dans un supermarché, face à un ananas du Costa Rica, il a tout de suite fait son constat : l’ananas n’était pas arrivé à maturité, cueilli bien avant les 18 mois nécessaires. «Quand tu vois cet ananas, tu sens qu’il y a un peu de tricherie derrière, les fruits sont récoltés trop tôt, puis rendus plus attractifs visuellement à l’aide d’un additif chimique [pulvérisé sur la peau pour obtenir la couleur jaune], mais ce fruit est plein d’eau sans aucun élément nutritif ».
À l’inverse, les fruits TerrEspoir sont cueillis à maturité, le temps pour la plante de nourrir son fruit.
Leurs apparences peuvent parfois surprendre : une banane peut avoir la peau abîmée et avoir son fruit intact, une mangue peut avoir des petites tâches sans conséquence pour la pulpe, et un avocat peut être mou et être succulent.
Pour Colbert, la qualité ne se limite pas à ce qui se voit.
Son message aux consommatrices et consommateurs est direct : l’achat d’un fruit TerrEspoir ne compte pas seulement pour une famille productrice, mais pour toute une communauté.
Pour lui, cela commence par un autre regard sur les fruits : ne pas s’arrêter à leur apparence, mais reconnaître le temps de la culture, les soins apportés à chaque étape, tout ce qui construit leur qualité et leur goût.
-------------------------------
Colbert a pu venir en Suisse dans le cadre d'un échange de compétences Sud-Nord organisé par DM.
Pour en savoir plus sur ses impressions et ses expériences n'hésitez pas à lire les deux articles de blogs rédigé par ses soins :