Saviez-vous qu’il existe plus de 1'000 variétés de bananes ?
La plus consommée est la banane Cavendish que l’on trouve en supermarché, et qui représente à elle seule près de 97% des importations en Suisse.
Malheureusement, dans ces immenses bananeraies industrielles, les conditions de travail catastrophiques font régulièrement l’objet de reportage édifiant, le dernier en date de Public Eye très justement intitulé «Toxic Banana » (https://stories.publiceye.ch/toxic-bananas/ ).
Depuis 30 ans, TerrEspoir propose un modèle à l'opposé de ces pratiques, basé sur le respect des cultivateurs et cultivatrices, de leur travail par la juste rémunération, et de leur santé par la production biologique.
Nous cultivons et commercialisons uniquement deux variétés : la banane-pomme Tiko et la banane rose.
Ces variétés rares ont failli disparaitre si TerrEspoir ne les avaient pas remises en culture au Cameroun.
Ces bananes sont cultivées par une vingtaine de personnes, dont plus de la moitié de femmes, dans la région de Bafoussam, sur les hauts plateaux du Nord-Ouest du Cameroun, à plus de 1'000 mètres d’altitude.
Lors de sa visite annuelle il y a quelques semaines, la coordinatrice de la Fondation TerrEspoir, Marion Record, a été accueillie par l’ensemble du groupe.
Elle témoigne de sa rencontre :
« Après une longue route poussiéreuse et chaotique, j’arrive enfin dans les champs de bananes où je suis chaleureusement accueillie avec des chants de bienvenues.
C’est presque tout le groupe qui est présent, et ils et elles ont à cœur de me montrer leurs cultures, en bio et en agroforesterie, dont les fruits font leur fierté.
C’est Josef Simo, pionnier de la banane chez TerrEspoir et dont le sourire illumine le visage, qui me guide à travers sa plantation.
Le champ est à taille humaine, les bananiers grandissent au milieu des grands arbres qui les protègent du vent et du soleil trop fort.
Au-dessus de nos têtes, les oiseaux chantent dans le feuillage et les insectes virevoltant collent à la peau.
Au sol, surtout pas de brûlis : tout type des plantes et d’herbes, et les feuilles des bananiers qui se décomposent lentement, nourrissant naturellement le sol, tout en le protégeant de la sécheresse en période sèche et de l’érosion en saison des pluies.
Si besoin, de l’engrais naturel à base de bio-digesta est rajouté aux pieds des plans.
Josef fait la première démonstration de la coupe du régime, puis les autres membres montrent leurs techniques.
Impressionnante maitrise de la machette !
Il explique que les bananes sont récoltées le mardi et mercredi, toujours tôt le matin, avant les fortes chaleurs, et transportées immédiatement à l’ombre, dans le local de conditionnement. Afin de faciliter les déplacements des régimes, dans cette zone reculée aux champs dispersés, TerrEspoir a financé l’achat d’une petite camionnette. Le mercredi, le groupe se retrouve au local pour préparer et conditionner les fruits : les bananes sont découpées du régime, triées, pesées puis mises en carton. Enfin, le jeudi matin, un membre apporte l’intégralité de la commande au point de rencontre avec le camion de collecte, et les cultivateurs et cultivatrices reçoivent le paiement immédiat de leurs fruits, basé sur un calcul équitable prenant en compte le coût de la vie et de production.
Après une dégustation de fruits et quelques photos, il est temps de reprendre la route vers les champs d’avocats, de l’autre côté de la ville.
L’émotion est palpable, et je reçois une avalanche d’accolades, de remerciements et de gratitude envers TerrEspoir Suisse que je représente.
Tous et toutes me confient que TerrEspoir a permis d’améliorer grandement leurs vies et celles de leurs familles, ils et elles peuvent désormais avoir accès à un logement décent, aux soins, à une alimentation de qualité, et à l'éducation pour leurs enfants. »
Consommer les fruits TerrEspoir, frais ou séchés, c’est non seulement participer à une magnifique économie sociale et solidaire transfrontalière, mais aussi préserver sa propre santé grâce à des fruits particulièrement sains et dénués de tous résidus chimiques.